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This page last updated 15 April 2007
Anglicans Online last updated 26 March 2017

Quelle est la différence entre
l’anglicanisme et le catholicisme romain?
Traduction de l’anglais : Edward HUGHES

Mgr. Pierre Welté WHALON, Evêque des églises américaines en Europe

En grande partie, il n’y a aucune différence entre ces deux églises. Les deux sont des églises chrétiennes, originaires de la même source que les églises orthodoxes orientales. En effet, les anglicans et les catholiques romains lisent non seulement les deux testaments de la Bible mais aussi l’Apocryphe ­ les livres de la Bible hébreue écrits en grec. Les deux églises récitent les symboles de Nicée et des apôtres. Les deux confèrent le baptême et la confirmation, et elles célèbrent l’eucharistie ainsi que les quatre autres rites sacramentaux de réconciliation, mariage, l’onction des malades, et l’ordination. Les membres de leur clergé sont ordonnés, d’abord diacre, puis prêtre, sauf ceux qui sont appelés au diaconat permanent. Parmi les prêtres sont choisis des évêques, qui sont consacrés par trois autres évêques au moins, tous membres d’une lignée soigneusement préservée d’évêques qui remonte jusqu’aux églises les plus primitives.

Il existe, aussi bien chez les anglicans que chez les catholiques romains, des lieux de culte dédiés à la Vierge Marie. Il y a des anglicans qui prient le rosaire, soit romain soit anglican. Chaque église maintient son calendrier des saints, avec des prières et lectures spéciales pour leurs jours de fête. Il y a dans chaque église des ordres de religieux, voués au célibat, qui habitent les monastères et les couvents.

Si vous visitez une paroisse anglicane (le terme paroisse est utilisé par les deux églises pour une congrégation), suivie d’une paroisse catholique romaine, vous verrez beaucoup d’autres ressemblances. Au moins aux Etats-Unis les liturgies sont quasiment identiques, comme le sont aussi les vêtements traditionnels que portent le clergé et les ministres laïques.

Les différences se trouvent pour la plupart dans les détails. Elles ont pour source un enjeu central : qui détient l’autorité ? Depuis des siècles, l’église catholique romaine a systématiquement augmenté le pouvoir et le prestige du pape, l’évêque de Rome. Aujourd’hui la combinaison d’un pape extraordinairement doué, Jean-Paul II, avec la médiatisation et la mondialisation, a poussé le rôle du pape à un plus haut niveau que jamais. Ce pape voyageur s’est plus déplacé que n’importe quel de ses prédécesseurs. Cependant quand il se rend dans un pays, c’est pour parler, et non pas pour écouter. Ses évêques autour du monde jouent plutôt le rôle de ses préfets que celui de surveillants de la communauté chrétienne régionale. Le fameux mot de Saint Augustin, Roma locuta causa finita est (Rome s’est exprimée, il n’y a plus rien à dire) n’a jamais été plus vrai que maintenant.

Malgré les efforts de Vatican II de créer des synodes locaux, aux niveaux du diocèse et de la nation, ceux-ci n’ont toujours qu’une capacité de donner conseil. Il n’y a pas non plus d’autre organisme qui ait de l’autorité sur le pape. Par exemple, quand Paul VI rédigea l’encyclique Humanae Vitae interdisant la contraception, il ne retint pas considération les conseils de la commission que lui-même avait créée pour lui donner son avis. Le Vicaire du Christ tient les rênes. L’autorité coule de lui vers le bas et vers les extrémités.

Les églises de la communion anglicane cherchent résolument à répandre cette autorité sur plusieurs lieux. Un rapport bien connu au sujet de l’autorité dans l’anglicanisme parle de cette conception typiquement anglicane de l’autorité qui coule, dit-il, des extrémités vers le centre. Chaque église anglicane appartient à la communion anglicane grâce à sa communion avec l’Archevêque de Cantérbory et au fait qu’elle cherche à maintenir la foi catholique et l’ordre réformé qui constituent l’héritage de l’Église d’Angleterre. Mais elles sont toutes indépendantes. L’Archevêque n’a aucune autorité légale hors du diocèse de Canterbury : il est à la fois chef spirituel et symbole d'unité, mais pas plus.

Les laïcs ont du véritable pouvoir à tous les niveaux des églises anglicanes, bien qu’il y ait des nuances locales. Les anglicans attendent des interprétations de questions de foi et d’ordre de leurs synodes diocésains et nationaux ­ qui comporte les évêques et des élus parmi le clergé et les fidèles laïcs. À la différence de l’Église de Rome, dont la clarté du processus qui sert à prendre les décisions est admirable, les églises anglicanes sont moins nettes et souvent pas d’accord entre elles. Par exemple, il y a des églises qui ordonnent les femmes à tous les trois ordres de ministère. D’autres ne le font pas du tout, alors que l’Église d’Angleterre ordonne les femmes au diaconat et à la prêtrise, mais pas à l’heure actuelle à l’épiscopat. À la conférence de Lambeth de 1998, la réunion des évêques anglicans qui a lieu tous les dix ans, il y avait des femmes évêques. Mais, vu que les décisions prises à Lambeth n’ont qu’un statut de recommandation, la présence de ces femmes n’était pas gênante.

Ce manque de netteté fait que les anglicans ont plus de liberté officielle que les catholiques romains, en tant qu’individus aussi bien que dans leurs diocèses et leurs églises nationales. De façon générale, on s’attend à ce que les laïcs se servent des ressources de l’Église ­ surtout la prière commune et régulière ­ afin de développer le caractère du Christ en eux-mêmes, ainsi qu’une capacité de raisonnement moral. Les différentes démarches que l’on trouve dans la chrétienté ont chacune leurs adhérents chez les anglicans. Ainsi quelques anglicans ont une liturgie élaborée à partir des offices médiévaux d’Angleterre. D’autres soulignent l’importance de la prédication évangélique, prônant plutôt la simplicité pendant leurs offices. D’autres encore sont influencés par le mouvement pentecostal, ou par l’iconographie des églises orientales. Il y a des mystiques parmi les anglicans il y en a également qui luttent pour la justice sociale. Qui plus est, chaque église nationale adapte la foi et l’ordre à sa propre culture.

Puisque les catholiques romains lient l’adhérence à l’église à la personne du pape et à son autorité, d’habitude ils ne permettent pas l’intercommunion. Ils ne reconnaissent pas non plus la validité des ordres anglicans, qui fait que les anglicans convertis au catholicisme sont reconfirmés et réordonnés. Par contre les anglicans, eux, ont plutôt tendance à pratiquer la communion ouverte à tous, et ne reconfirment ni réordonnent les catholiques convertis, reconnaissant les ordres catholiques comme étant valides. La différence, c’est que pour les catholiques romains il s’agit d’être en communion avec le pape, alors que pour les anglicans il est plutôt question d’adhérer à la foi catholique comme celle-ci a été héritée des premiers chrétiens. Un trait permanent de l’anglicanisme, c’est le désir de restaurer la foi et l’ordre de l’église primitive. C’est là le principe de sa réforme, alors que la contre-réforme de Rome avait pour but la restauration et l’augmentation du concept médiéval de l’autorité du pape.

Le document le plus récent de la Consultation Internationale des Anglicans et Catholiques Romains (l’organisme œcuménique consacré au rapprochement des deux églises) s’appelle Le don de l’autorité . Là-dedans on demande aux anglicans de repenser le rôle du pape dans la vie de leurs églises, alors que les catholiques romains sont invités à commencer à prendre au sérieux la collégialité des synodes qu’ordonna Vatican II. Peut-être que cela aussi souligne en un mot les différences entre ces deux églises, toutes les deux branches de l’église primitive, si proches et pourtant si loin l’une de l’autre.

(Pour plus à ce sujet, voir la brève perspective historique par le même auteur.)


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